Il était attendu, nous nous étions préparés à du lourd... Mais là, c’est au-dessus de ce que l’on pouvait imaginer ! Cela confine au ridicule, voire au grotesque. Ce « sondage » n’est aucunement représentatif de la volonté des pendulaires. Voici notre petit commentaire...
1) La méthode
A. Les quotas
C’est « la méthode des quotas » qui a soit-disant été utilisée ici. Hors la méthode des quotas implique l’assurance d’avoir un échantillon extrêmement représentatif de la population sondée. Il faut donc connaître certains critères comme l’âge, la CSP, le type d’habitat, la profession, l’échelle des revenus…
Dans le cas présent, le choix des sondés a été totalement aléatoire ! On devrait plutôt parler d’« enquête sauvage » que de sondage par quotas.
B. Les sondés
Nulle part, il n’est indiqué le nombre exact de sondés. On nous parle juste d’« estimation de probabilité », c’est dire ! Et vu le nombre qui ont refusé de répondre...
2) Les chiffres
A. Nombre de pendulaires vers l’Est
On voit, encore, une « estimation » de 1200 pendulaires via St-Gingolph. D’où sort cette estimation ? Quand on recoupe les chiffres officiels des différents cantons, ils sont au moins 3500 à passer par là chaque jour ! Combien ont été occultés lors de cette enquête ?
B. Nombre de pendulaires en Valais
340 pendulaires en Valais. Un simple clic sur le site de l’Etat du Valais pour voir qu’ils sont en réalité… 1738 très exactement !
Bizarrement, pour les opposants, la canton du Valais s’arrête… à Monthey ! Que fait-on de St-Maurice, Evionnaz, Vernayaz, Martigny, Sion ? Beaucoup de frontaliers y travaillent.
C. Nombre de pendulaires par commune
On nous dresse une liste de communes françaises supposée être les lieux de résidence des travailleurs frontaliers. Elle est très succincte, pourquoi manque-t-il des communes comme Larringes, Champanges, Vinzier, Marin ? Le « autres lieux d’habitations » est tellement vague !
Les chiffres annoncés paraissent également fantaisistes :
- le même nombre de frontaliers à Meillerie (300 hab.) et à Maxilly (1300 hab.) ?
- plus de frontaliers à Evian (8000 hab.) qu’à Thonon (30000 hab.) ?
- seulement 0,72 % de frontaliers à Thonon ?
Ces chiffres ne reflètent pas du tout la réalité ! Ils sont complètement faussés !
3) L’analyse
A. Le train, plus rapide et moins cher !
Malgré son manque total de sérieux, ce sondage « avoue » que les pendulaires mettent en moyenne 51 minutes en voiture pour faire 53 kilomètres, soit 60 km/h de moyenne, quand le train en fait 80 ! Et nous répétons que dans le cadre d’une ligne transfrontalière comme cela est prévu, il n’y aura pas de rupture de charge ! Un argument réchauffé depuis le temps...
B. La distance gare - lieu de travail
Quelle est cette règle qui stipule que, dès que la gare est à plus d’un kilomètre du lieu de travail, on ne peut par prendre le train ? Il existe en Suisse un performant réseau de bus, que ce soit le Car Postal ou le PubliCar (entre 0,70 et 2,50 € la course). Encore faut-il connaître (comme certains dirigeants de l’association qui ne savaient pas qu’un TGV reliait Genève à Paris, mais bon...) !
C. Et vers l’ouest ?
Les opposants ne se sont intéressés qu’aux pendulaires qui travaillent sur Valais, Vaud ou Fribourg. Que faire de ceux qui travaillent à Genève ? Ils sont plus de 500 sur le tracé de la ligne, qui eux, prendront aisément le train via le futur CEVA, puis le tram grâce à l’abonnement Unireso.
4) Le bilan
A. Et quel bilan !
Selon nos opposants, il n’y aurait donc pas de potentiel suffisant pour la ligne du Tonkin, la solution est donc... de vite la transformer en voie verte ! Quelle sens des priorité !
L’objectif est de rouvrir cette ligne le plus vite possible, et d’encourager pas tous les moyens les travailleurs à prendre le train, par exemple en créant une Communauté Tarifaire Intégrale, à l’image de « Unireso » pour la région franco-valdo-genevoise.
Nous ne sommes pas contre la route, comme déjà dit, et nous soutenons le Conseil Général de la Haute-Savoie, qui fait beaucoup plus sur cette route que ne le faisait l’Etat avant (ce qui n’est pas l’avis des opposants apparemment).
B. Les solutions proposées
Une nouvelle route, comme proposé, ne ferait que déplacer le problème de la congestion et de la pollution au dessus de nos têtes ! La signalisation n’a pas besoin d’être améliorée, il faut savoir qu’il est normalement interdit de doubler sur les 17 km entre Evian et St-Gingolph. Ce qu’il faut, c’est plus de contrôles ! Et plus de savoir-vivre des automobilistes !
5) Notre complément
A. Les autres usagers
Hormis les frontaliers, la ligne servira également à transporter les écoliers à destination des collèges et lycées d’Evian et Thonon. Elle sera un moyen de transport efficace pour les personnes âgées, les jeunes, moins jeunes, touristes...
B. L’étriquement entre Evian et St-Gingolph
Il faut l’avouer, nos opposants sont bornés ! Ils ne voient que entre Evian et St-Gingolph, et leur petite tranquilité. C’est à l’échelle de la région lémanique qu’il faut regarder, mais il est vrai que cette région comprend la Suisse, aïe...