Q : Combien coûterait une réouverture au trafic de marchandises ? Cela est-il envisageable ?
R : Alors que 106 millions d’euros sont nécessaires pour rouvrir la ligne au trafic voyageur, il en faudrait plus de 500 (chiffre de 2002) pour du fret lourd ! Ce coût pharamineux s’expliquerai par :
- la reprise de tout le terrassement pour avoir une ligne totalement plane ;
- le doublement de la voie sur les 17 kilomètres (en rasant plusieurs maisons au passage) ;
- le renforcement de tous les murs de soutènement ;
- le remplacement des 48 ponts métalliques par des ponts en béton ;
- le renforcement des 3 viaducs ;
- le reprise du gabarit des 2 tunnels, leur soubassement, leur sécurisation en cas de problème ;
- la suppression de tous les passages à niveaux, en passant la voie en dessous de la route ;
- la création d’au moins une plate-forme de fret pour écouler le trafic...
Des travaux de cette envergure ne sont pas possibles sur notre territoire, à moins de creuser indéfiniment dans la montagne et dans les falaises.
Q : Pour quelles raisons le fret n’est-il pas économiquement intéressant sur cette ligne ?
R : La configuration de l’itinéraire est totalement inadaptée pour faire circuler de façon compétitive des convois de fret.
Au nord du lac Léman, la ligne CFF Genève – Lausanne – Aigle est à voie double, permet une vitesse élevée, et à un profil parfaitement adapté à la circulation des trains de marchandises. Une seule locomotive suffit, et le temps de parcours est très intéressant pour les sociétés de transport.
Au sud, la voie permettra une vitesse modeste (80 à 100 km/h), mais du fait des courbes serrées qui la composent, ne permettra pas à des convois longs de circuler correctement.
Q : Les autorités parlent-elles encore d’une réouverture au fret ?
R : Non, elle n’en parlent plus depuis longtemps. En 2002, une étude sur un trafic fret a été rendue par RFF, le jugeant intéressant et surtout trop coûteux.
Dès le début de notre action, nous avons voulu en avoir le coeur net. Tous les élus, décideurs ou partenaires du projet que nous avons contactés nous ont affirmé que l’hypothèse fret était définitivement abandonnée.
Malgré toutes ces garanties, les opposants au projet utilisent le fret pour faire peur à la population afin de bloquer la réouverture aux voyageurs.